J. M. W. Turner, Le Dernier Voyage du Téméraire

Romantisme

Le Dernier Voyage du Téméraire

Turner assista lui-même au dernier voyage du Téméraire en 1838 : il se trouvait sur un vapeur qui croisait le remorquage sur la Tamise et, dit-on, croqua la scène sur place.

J. M. W. Turner · 1839

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Source de l'introduction : Wikipédia (FR)

Le vrai Téméraire était un vaisseau de 98 canons qui contribua à rompre la ligne franco-espagnole à Trafalgar en 1805, combattant si férocement qu'il captura deux navires ennemis en un seul engagement.

J. M. W. Turner, Le Dernier Voyage du Téméraire
Le Dernier Voyage du Téméraire · National Gallery, Londres

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Faits et légendes

  • Turner assista lui-même au dernier voyage du Téméraire en 1838 : il se trouvait sur un vapeur qui croisait le remorquage sur la Tamise et, dit-on, croqua la scène sur place.
  • Le vrai Téméraire était un vaisseau de 98 canons qui contribua à rompre la ligne franco-espagnole à Trafalgar en 1805, combattant si férocement qu'il captura deux navires ennemis en un seul engagement.
  • Lorsque le tableau fut exposé à la Royal Academy en 1839, le critique William Makepeace Thackeray (oui, l'auteur de La Foire aux vanités) le qualifia « d'aussi grande peinture qu'il n'en parut jamais sur les murs d'aucune académie ».
  • Turner refusa toute offre d'achat de son vivant, l'appelant, dit-on, « mon trésor » ; il le légua à la nation britannique par testament, et il est à la National Gallery depuis 1856.
  • Le soleil se couche du mauvais côté : Turner plaça le coucher à l'est plutôt qu'à l'ouest, un choix de composition délibéré qui intrigue et fascine les historiens de l'art depuis 180 ans.
  • Lors d'un sondage public de 2005 de la BBC Radio 4, Le Dernier Voyage du Téméraire fut élu meilleur tableau de Grande-Bretagne, devant Constable, Hogarth et tous les autres.
Source : Wikipédia (FR)

Valeur estimée

Ce que cela vaut aujourd'hui

Le Dernier Voyage du Téméraire se trouve à la National Gallery de Londres et n'est pas à vendre ; les Britanniques l'élisent leur tableau préféré et son image figure sur le billet de 20 livres.

Plus de détails Comment un vétéran de Trafalgar devint fantôme, pourquoi Turner inventa le couchant et comment la toile pleure la voile tout en reconnaissant la vapeur.

Héroïne de Trafalgar

Une histoire navale réelle

Le Temeraire combat en 1805; trente-trois ans plus tard il part au démantèlement.

Turner peint le dernier voyage, non la bataille.

À Trafalgar, le Temeraire avance en second dans la colonne de Nelson, derrière le Victory. Lorsque le Redoutable français s'accroche au navire amiral, il arrive de l'autre côté et entre dans un combat extrêmement serré. Cette gloire explique qu'un simple remorquage vers la casse ressemble à des funérailles de vétéran. Turner peint un acteur reconnu de l'histoire nationale, non un vieux voilier générique.

Pas témoin

Le symbole dépasse l'exactitude

Il reconstitue sans doute la scène et restitue des mâts déjà retirés.

Le vaisseau devient grand, pâle et fantomatique.

Il modifie même la silhouette. En 1838, le bâtiment a perdu gréement et équipement : la coque réelle est plus pauvre. Turner lui rend trois mâts, sans voiles ni pavillon. Ce mélange de grandeur retrouvée et d'impuissance visible traduit mieux la mémoire qu'un inventaire. La fiction n'est pas cachée ; une nouvelle rapportée devient la scène sous laquelle le public peut la retenir.

Le remorqueur gagne

La vapeur est laide mais active

La machine noire tire le géant impuissant.

La nostalgie n'arrête pas le changement technique.

Le contraste technique passe par la matière. Le navire pâle, en couches argentées, se dissout presque dans le ciel ; le remorqueur est fait de noirs et d'oranges denses. Sa fumée va vers le vétéran, comme si l'âge nouveau salissait son monument. Mais les petites roues brassent l'eau et le géant ne peut avancer seul. Le progrès est ici une dépendance physique, pas un slogan.

Couchant inventé

Le démantèlement devient mort historique

Lumière froide autour du navire, soleil rouge à l'opposé.

Une opération commerciale devient adieu.

La géographie révèle la mise en scène. En remontant la Tamise vers Rotherhithe, le navire ne pouvait avoir le couchant là où Turner le place, ce que les contemporains discutent déjà. Lune à gauche et soleil à droite forment un équilibre théâtral. La boussole cède au temps historique : le vaisseau froid entre au crépuscule et le remorqueur noir appartient déjà à la nuit industrielle.

Légué à la nation

Mémoire plutôt que marchandise

Turner garde l'œuvre, entrée dans la collection nationale en 1856.

L'imagination privée devient mémoire publique.

À la Royal Academy de 1839, la toile est aussitôt lue comme poésie patriotique. Turner refuse les offres et l'appelle son 'Darling' ; après sa mort elle rejoint le legs national. Sa conservation surprend aussi : la National Gallery relève un mélange d'huile assez classique, loin de certains essais fragiles. La lumière froide du navire affronte donc encore le couchant cuivré avec netteté.

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