Umberto Boccioni, Formes uniques de la continuité dans l'espace

Sculpture et forme

Formes uniques de la continuité dans l'espace

Boccioni ne vit jamais le bronze : il modela la sculpture en plâtre en 1913 et mourut dans un accident d'équitation en août 1916, avant que le premier tirage en bronze ne fût réalisé.

Umberto Boccioni · 1913

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Source de l'introduction : Wikipédia (FR)

Les bronzes visibles au MoMA et à la Pinacoteca di Brera sont tous des tirages posthumes : aucun ne fut autorisé par Boccioni lui-même, et le plâtre original ne fut redécouvert et restauré que des décennies plus tard.

Umberto Boccioni, Formes uniques de la continuité dans l'espace
Formes uniques de la continuité dans l'espace · Museum of Modern Art (MoMA), New York

À la une

Faits et légendes

  • Boccioni ne vit jamais le bronze : il modela la sculpture en plâtre en 1913 et mourut dans un accident d'équitation en août 1916, avant que le premier tirage en bronze ne fût réalisé.
  • Les bronzes visibles au MoMA et à la Pinacoteca di Brera sont tous des tirages posthumes : aucun ne fut autorisé par Boccioni lui-même, et le plâtre original ne fut redécouvert et restauré que des décennies plus tard.
  • Depuis 2002, cette figure en pleine course est sur toutes les pièces italiennes de 20 centimes d'euro, ce qui signifie que des centaines de millions de personnes portent dans leur poche une copie miniature sans connaître le nom de l'artiste.
  • Boccioni publia le « Manifeste technique de la sculpture futuriste » en avril 1912, déclarant que la sculpture devait capter la « sensation dynamique » d'un corps en mouvement — puis il construisit cette pièce comme sa preuve de concept directe, à partir de plusieurs études en plâtre.
  • Les ailerons ondulants, semblables à des flammes, qui jaillissent des jambes et du torse de la figure ne sont pas décoratifs : Boccioni les appelait « lignes de force », les traces physiques que la matière en mouvement laisse dans l'espace qui l'entoure.
  • L'influence de Rodin plane sur cette œuvre de façon complexe : Boccioni attaqua publiquement l'approche statique du corps de Rodin et pourtant passa deux semaines à étudier dans l'atelier parisien de Rodin en 1906, sept ans avant de réaliser cette sculpture.
Source : Wikipédia (FR)
Plus de détails Pourquoi le célèbre bronze était en plâtre du vivant de Boccioni, comment son corps absorbe l'air et comment ce marcheur futuriste finit sur une pièce italienne.

Marcheur sans visage

Le mouvement plutôt que le portrait

Bras, traits et anatomie normale deviennent pales, pistons et plans taillés par le vent.

En tournant autour, lumière et creux reconstruisent la figure.

Boccioni crée la figure en 1913 pour intégrer milieu et mouvement, non copier un corps immobile. Ni athlète ni robot : il veut sculpter muscles et air déplacé.

Le plâtre d'abord

Les bronzes sont posthumes

Boccioni modèle l'œuvre en 1913 et meurt en 1916. L'exemplaire du MoMA date de 1931 ou 1934; celui du Met, de 1950.

Le métal donne son armure mécanique à une surface que l'artiste n'a jamais vue.

Bras absents, visage en coin, jambes ailées : il ne répète pas des photogrammes mais réunit déplacement relatif et dynamisme propre de la forme.

Mémoire classique

Le futur ressemble encore à un monument

La marche triomphale rappelle la statuaire antique malgré le rejet futuriste du passé.

Cette contradiction dépasse la simple illustration d'un manifeste.

Muscle, armure, flamme et flux changent quand on tourne autour. Le titre nomme des formes nées entre corps et espace, non un marcheur précis.

L'air devient matière

Le vide achève le corps

Les bords saisissent l'espace et les ouvertures brisent la masse: le dynamisme plastique.

Plusieurs phases de la marche se condensent en une forme.

Les bronzes connus ne sont pas fondus en 1913. Un plâtre existe alors ; l'exemplaire du Met, conçu en 1913, est coulé en 1949–50 après sa mort sous la surveillance de Marinetti.

Le futur en poche

L'avant-garde devient monnaie

Depuis 2002, la sculpture figure sur la pièce italienne de 20 centimes d'euro.

Une révolte contre les monuments est devenue emblème national, sans effacer l'éloge inquiétant de la guerre par le futurisme.

La vitesse futuriste porte une politique sombre : elle célèbre la guerre technologique. Boccioni meurt en 1916 à trente-quatre ans. La pièce italienne de vingt centimes sépare souvent l'icône de cette foi dangereuse.

Ce qu'il faut regarder

Ce qu'il faut remarquer

  • Lisez l'œuvre comme un volume : la silhouette change à chaque point de vue.
  • Remarquez comment le matériau et le traitement de la surface intensifient le geste et le caractère.
  • Changez de point de vue imaginaire : la vue frontale raconte rarement toute l'œuvre.

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