Veste jaune, pantalon et ceinture signalent la maja madrilène; pose et regard gardent pourtant l'intimité.

À la une
Faits et légendes
- La Maja habillée et sa jumelle nue furent peintes pour Manuel Godoy, premier ministre espagnol et amant présumé de la reine Marie-Louise — un homme assez puissant pour posséder de l'art scandaleux et assez imprudent pour laisser l'Inquisition le découvrir.
- En 1814, l'Inquisition espagnole convoqua Goya pour qu'il s'explique sur la version nue ; les charges étaient « peintures obscènes », et l'enquête faillit mettre fin à sa carrière à 68 ans.
- Les deux Majas sont presque identiques par la composition et la taille (95 × 190 cm), ce qui suggère que Goya les conçut en paire dès le départ — peut-être pour être présentées dans un cadre à charnières pouvant basculer entre l'habillée et la nue.
- L'analyse aux rayons X de la Maja nue révéla un visage différent en dessous : la femme de l'esquisse originale avait un visage plus rond et doux avant que Goya ne le repeigne avec les traits plus marqués et provocants que l'on voit aujourd'hui.
- L'identité du modèle n'a jamais été confirmée : parmi les candidates figurent la duchesse d'Albe, Pepita Tudó (maîtresse de Godoy) et un modèle professionnel — mais Goya lui-même n'en dit jamais un mot.
- Après la chute de Godoy en 1808, les Français confisquèrent sa collection ; les deux Majas finirent à la Real Academia de Bellas Artes, puis au Prado, où elles sont accrochées ensemble jusqu'à aujourd'hui.
Plus de détails Pourquoi les vêtements rendent cette maja plus moderne que modeste, comment les deux toiles arrivèrent chez Godoy et pourquoi le modèle reste impossible à nommer.
Vêtue, non pudique
Le regard domine le costume
Veste jaune, pantalon et ceinture signalent la maja madrilène; pose et regard gardent pourtant l'intimité.
Une touche rapide et vive rend le vêtement actif.
Modèle inconnu
Deux légendes sans preuve
Duchesse d'Albe et Pepita Tudó ont été proposées. Les inventaires ne nomment jamais la femme.
L'anonymat empêche de réduire la toile au ragot mondain.
Deux toiles distinctes
Ce n'est pas un vêtement peint sur le nu
La nue date de 1797–1800, la vêtue de 1800–07; tête, bras et épaules diffèrent.
Aucun mécanisme de révélation n'est documenté.
Chez Godoy
Le premier inventaire forme déjà la paire
Toutes deux apparaissent en 1808 après la chute de Manuel Godoy et sont dites « gitanes » en 1813.
Son cabinet privé explique mieux la paire que les romances tardives.
Saisies par l'Inquisition
La censure les rend inséparables
Retenues par l'Inquisition, rendues à l'Académie en 1836, elles entrent au Prado en 1901.
Cacher le nu moderne renforce finalement la célébrité des deux versions.





