Paul Gauguin, La Vision après le sermon

Post-impressionnisme

La Vision après le sermon

Gauguin le peignit à Pont-Aven, en Bretagne, en 1888 — l'été même où Van Gogh le suppliait de venir à Arles — et l'acheva en deux semaines environ.

Paul Gauguin · 1888

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Source de l'introduction : Wikipédia (FR)

Il tenta de donner le tableau à deux églises locales de Bretagne, qui le refusèrent toutes deux : les curés jugèrent le violent champ rouge et les figures en lutte trop troublants pour leurs paroissiens.

Paul Gauguin, La Vision après le sermon
La Vision après le sermon · National Galleries of Scotland, Édimbourg

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Faits et légendes

  • Gauguin le peignit à Pont-Aven, en Bretagne, en 1888 — l'été même où Van Gogh le suppliait de venir à Arles — et l'acheva en deux semaines environ.
  • Il tenta de donner le tableau à deux églises locales de Bretagne, qui le refusèrent toutes deux : les curés jugèrent le violent champ rouge et les figures en lutte trop troublants pour leurs paroissiens.
  • La toile est relativement petite — seulement 73 sur 92 centimètres — ce qui surprend presque tous ceux qui la voient pour la première fois après ne l'avoir connue que par des reproductions.
  • Ce fond rouge plat et non modulé n'avait aucun précédent dans la peinture occidentale ; Gauguin emprunta l'idée aux estampes japonaises, notamment celles d'Hiroshige et d'Hokusai, effaçant délibérément toute illusion d'espace tridimensionnel.
  • La Scottish National Gallery acquit le tableau en 1925 pour 1200 livres — environ 80 000 livres actuelles — à une époque où le marché de Gauguin était encore loin d'être assuré.
  • Les spécialistes ont noté que les Bretonnes en coiffe blanche occupent plus de la moitié de la toile, tandis que Jacob et l'ange sont repoussés dans le coin supérieur droit, presque comme une pensée après coup — la manière de Gauguin d'insister sur le fait que la vision appartient aux femmes, et non au spectateur.
Source : Wikipédia (FR)
Plus de détails Comment Gauguin sépara les Bretonnes du combat imaginé de Jacob par un champ rouge et fit du tableau un manifeste symboliste.

Après l'impressionnisme

Gauguin cherche une peinture d'idées

En 1888 il travaille avec Émile Bernard et écrit à Van Gogh. Il unit mémoire, foi et décor plutôt que lumière observée.

Il juge l'œuvre mal exécutée mais intéressante.

Gauguin imagine la Bretagne comme simplicité archaïque : construction d'un Parisien de passage, non ethnographie neutre. Il accentue costume et foi, fait de la région un laboratoire du « primitif ». Les deux vérités comptent : observation attentive et adaptation de vies réelles à son programme artistique.

Deux espaces

Les femmes sont réelles, le combat imaginé

Il explique que paysage et lutte existent dans l'esprit après le sermon. L'arbre sépare corps et vision.

Les mots deviennent image.

Dans sa lettre à Van Gogh, il joint un croquis et précise que la lutte disproportionnée existe dans l'imagination. Guide d'auteur rare, sans fermer le sens : impossible de savoir si toutes voient la même chose ou si le rouge réunit des visions intérieures différentes.

Sol rouge impossible

La couleur remplace la météo

Rouge plat, contours et vue élevée refusent le champ réel. Estampe japonaise et vitrail libèrent la forme.

La vision se reconnaît avant le récit.

Le pommier coupe la toile comme un décor. Gauguin admire les estampes japonaises où une branche interrompt la perspective occidentale. Ici le procédé devient théologique : l'arbre matériel sépare office et vision, mais ses branches traversent les deux sur une même surface.

Jacob petit

Celles qui imaginent dominent les héros

Coiffes et mains occupent l'avant tandis que la lutte reste loin.

La foi collective devient sujet.

L'échelle nous place dans l'assemblée. Derrière les femmes, leurs coiffes bloquent l'événement. Jacob et l'ange ne cherchent pas l'anatomie ; ils sont le signe d'une lutte retenue après le sermon. L'image religieuse naît dans l'attention collective.

Programme symboliste

La forme sert l'idée

L'œuvre autorise la déformation expressive tout en gardant des gestes bretons précis.

L'observé ouvre l'inventé.

Gauguin offre le tableau à une église locale ; le prêtre le refuse. Au lieu d'une instruction claire : sol rouge, corps coupés, frontière incertaine. L'œuvre entre dans le modernisme, non au sanctuaire. Son futur canon grandit de ce que le premier public religieux juge impropre.

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