Source de l'introduction : Wikipédia (FR)
Auteur
Henri Rousseau
Mouvement / époque
Symbolisme
Technique
peinture
Lieu
Museum of Modern Art (MoMA), New York
La toile est immense — 129,5 × 200,7 cm — et pourtant Rousseau était un peintre du dimanche autodidacte, employé au péage des douanes, sans aucune formation artistique.

À la une
Faits et légendes
- Rousseau la peignit en 1897 et tenta aussitôt de la vendre au maire de sa ville natale, Laval, pour 1800-2000 francs ; le maire déclina, et le tableau sombra dans l'oubli pendant près de 30 ans.
- La toile est immense — 129,5 × 200,7 cm — et pourtant Rousseau était un peintre du dimanche autodidacte, employé au péage des douanes, sans aucune formation artistique.
- Pendant des décennies, les experts débattirent sérieusement pour savoir si le tableau était authentique ou un faux ultérieur, en partie parce que sa précision onirique semblait trop sophistiquée pour un artiste naïf ; le MoMA trancha enfin le débat en l'acquérant en 1939.
- La posture du lion est étrangement tendre : il n'attaque pas, il renifle les cheveux de la Bohémienne — Rousseau disait vouloir un lion « perdu dans la contemplation », chose curieuse à dire d'un prédateur suprême.
- Le tableau resurgit vers 1924 chez un marchand parisien et fut défendu par les surréalistes, qui en étaient obsédés : André Breton et son cercle y voyaient la preuve que les rêves pouvaient être peints littéralement, et non symboliquement.
- Olga Guggenheim (épouse du frère de Solomon R. Guggenheim) en fit don au MoMA en 1939, et c'est ainsi qu'un tableau qu'un maire français avait un jour refusé d'acheter pour trois fois rien devint l'une des œuvres les plus célèbres de New York.
Plus de détails Comment un ancien employé de l'octroi inventa la rencontre d'une musicienne endormie et d'un lion, tenta de la vendre à Laval et créa une nuit hypnotique.
Un désert inventé
Rousseau connaît l'exotisme depuis Paris
L'ancien douanier voit les animaux dans estampes, jardins et zoo. Sable, lune, montagnes, femme et lion composent un rêve plutôt qu'un voyage.
La perspective artificielle place la scène hors géographie.
Rousseau écrit au maire de Laval : une musicienne errante dort près de son eau, un lion la flaire sans la dévorer. Il offre la toile à sa ville natale pour peu ; Laval refuse.
L'artiste explique
Il décrit une musicienne errante
En 1898 il propose l'œuvre à Laval : une voyageuse dort près de son eau, le lion la flaire sans la dévorer. La ville refuse.
L'événement central est l'attaque qui n'arrive pas.
Le désert est inventé. Rousseau ne va jamais en Afrique du Nord ; la figure reflète des fantasmes coloniaux parisiens, non une étude ethnographique. Le titre historique demande distance.
Des figures-signes
Œil, lune, instrument et cruche se répondent
Lion et femme suivent des directions opposées ; couleurs chaudes et froides créent la tension.
Le tableau oppose l'éveil au sommeil.
Le lion est proche mais rien ne se résout. Dormeuse, lune et danger restent suspendus plus longtemps qu'un récit réel : ainsi naît le rêve.
De la moquerie à l'avant-garde
La technique dite enfantine trouve ses défenseurs
Le Salon des Indépendants raille son anatomie. Picasso et Apollinaire reconnaissent une liberté autonome.
Répétition et contraste prouvent la décision.
Mandoline, cruche et bâton font nature morte. Rayures, cordes, crinière et cercles organisent une faible profondeur. La poésie vient du dessin précis.
Vers le MoMA
La toile refusée devient repère moderne
Après Kahnweiler, John Quinn et d'autres propriétaires, le MoMA l'acquiert en 1939 grâce à Mrs Simon Guggenheim.
L'absence de dénouement garde toute son inquiétude.
Après des années d'oubli, elle reparaît dans les années 1920. Cocteau y voit une projection du rêve, lecture surréaliste plutôt qu'intention prouvée. MoMA l'acquiert en 1939.



